Le moment de la singularité biotechnologique

Recherche | Antonio Domene

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Quarante ans peuvent être une période très longue ou très courte, selon la comparaison. En ce qui concerne l’histoire de l’humanité, c’est comme un clin d’œil. Malgré cela, les quarante dernières années de l’histoire de la technologie ont constitué le plus grand pas en avant dans ce domaine. En 1971, Intel produisait 4004, le premier microprocesseur connu. Depuis lors, l’application de cette minuscule mais gigantesque avancée a été le moteur qui nous a catapulté vers un scénario où toutes sortes de miracles sont possibles. Les téléphones portables, la robotique, les systèmes domotiques, les véhicules autonomes et même les deep fakes dérangeants  font partie d’une longue liste de solutions que nous n’avions jamais imaginé il y a vingt-cinq ans. Comparé aux près de 500 années de carrière moderne des grands domaines de la science, comme la chimie, la physique ou la biologie, la technologie semble l’avoir emporté. Ce n’est pas le cas.

Tout d’abord, la technologie n’est pas une science, mais le résultat de l’application de ses principes sur toutes sortes d’objets physiques ou d’environnements virtuels pour créer des solutions pratiques pour l’être humain. En tant qu’ingrédient évolutif, la technologie numérique est en train de devenir l’élément clé pour accélérer le développement de tout, y compris la manière dont nous cultivons et produisons nos aliments. En effet, en revoyant le long chemin parcouru par la science avec les dernières avancées technologiques, nous sommes prêts à entrer dans le monde de la biotechnologie naturelle. C’est le terrain de jeu sur lequel nous jouons, avec un avantage, chez Kimitec.

Stimuler le naturel par la technologie

Notre pari n’est pas de superposer la technologie à la science naturelle. Il s’agit de stimuler le naturel par la technologie. De la même façon que l’on annonce l’avènement d’un moment unique où nous sommes capables de produire des systèmes plus intelligents que nous-mêmes, nous sommes peut-être plus proches que jamais de créer des environnements capables de mieux se régénérer et de produire davantage sans recourir à la chimie de synthèse comme moteur de fausse prospérité.

La technologie est la base de notre activité, mais pas pour remplacer la nature, pour la mettre en valeur. Nous voulons mieux la comprendre, en tirer les leçons et renforcer ses mécanismes biologiques. Sur cette base, notre modèle vise à fournir de la productivité et de la qualité sans renoncer à ce qui est le plus important : s’occuper de la santé des personnes et, par conséquent, de l’environnement.

Depuis longtemps on a pensé que pour nourrir plus de sept milliards d’habitants de la planète, il était nécessaire d’appliquer des formules permettant de maximiser le rendement des sols et des cultures. Si les méthodes de production traditionnelles ne pouvaient répondre qu’aux besoins des communautés voisines, il était inévitable de trouver des moyens d’accroître la taille des cultures, tant en volume qu’en cycle, tout au long de l’année, en éliminant les effets des agents naturels qui les affectaient, comme les parasites ou l’action de l’homme. C’est vrai en théorie, mais très préjudiciable en pratique.

La solution n’était pas la chimie de synthèse

Celle que nous considérons aujourd’hui comme une agriculture conventionnelle a été soutenue par la chimie de synthèse comme une solution au problème de la productivité. En créant en laboratoire des molécules qui reproduisent les composants actifs des extraits naturels des plantes, cette industrie a été capable de produire des engrais et des pesticides d’une très grande efficacité. Mais à quel coût? Les résidus chimiques de ces produits ne sont pas biodégradables et ont affecté à la fois la régénération des sols et des écosystèmes ainsi que la qualité et la salubrité des cultures.

Nous ne pensons pas qu’il s’agisse de choisir, mais d’avoir la volonté de trouver l’équilibre entre ce dont les agriculteurs ont besoin, ce que demandent les consommateurs et ce qu’exigent les chaînes de distribution. Chez Kimitec, nous avons trouvé un moyen d’y répondre. La clé réside dans une méthodologie que nous appelons 4Health, qui s’appuie sur la technologie la plus avancée pour trouver des synergies entre botanique, microbiologie, microalgues et chimie verte afin de créer des produits très efficaces et accessibles aux producteurs. J’entends par là, financièrement accessible pour les agriculteurs, qui sont les plus poussés à répondre à des exigences du marché, qui les ont mis au pied du mur.

Nous avons réussi, grâce à la recherche de molécules bioactives naturelles, à mettre au point des solutions capables d’être à la hauteur des produits de synthèse chimique et de les surpasser. Nous le faisons en brisant un mythe. Est-il possible de développer des produits naturels stables, qui restent actifs pendant longtemps, qui résistent aux conditions d’emballage et de transport auxquels sont soumis leurs concurrents et qui le rendent compétitif sur le plan économique et de l’efficacité? C’est effectivement possible.

Caractère unique

Nous ne sommes pas contre la méthodologie pharmaceutique. Au contraire, nous pensons que nous pouvons l’appliquer pour améliorer la production de solutions organiques. En effet, nous sommes en train de parvenir à des formulations homogènes et échelonnables qui respectent en outre le principe qui nous anime: améliorer la santé des personnes par le biais de denrées alimentaires plus naturelles. La clé est de produire des intrants qui ne s’accumulent pas dans les sols, dans les racines ou dans les fruits, mais se dégradent en utilisant le vent, la pluie, le soleil ou les micro-organismes.

En 1957, dans une conversation entre le mathématicien hongrois John von Neumann et son collègue polonais Stanislaw Ulam , le terme  » singularité  » est apparu pour la première fois . Ils voulaient souligner le résultat de l’accélération implacable de transformation de la technologie par rapport à la société.

Aujourd’hui, nous considérons la singularité comme le moment où une intelligence artificielle pourrait être capable de s’améliorer elle-même, en franchissant une barrière inconnue de l’évolution humaine. En appliquant, comme nous sommes sur le point de le faire chez Kimitec, cette même technologie qui progresse rapidement dans l’agriculture, nous sommes peut-être en train d’atteindre le point d’équilibre et d’évolution où la production alimentaire ne peut se faire que d’une manière : saine, durable et rentable. Je ne doute pas que nous soyons en train d’opérer une révolution biotechnologique qui changera notre environnement. Pour le meilleur.

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